Cadelam

L’influence des banques centrales sur votre portefeuille

13 mars 2019 | Cadelam

Capfi Delen Asset Management (Cadelam) est une filiale de Delen Private Bank chargée de la gestion de fonds au sein du groupe. La philosophie de placement qu’applique Cadelam est prudente, active et flexible, et se fonde sur la recherche d’opportunités intéressantes en fonction des circonstances, sur tous les segments du marché.

L’axe central de la gestion des actifs placés dans les fonds gérés par Cadelam est la préservation du patrimoine. Cadelam cherche à rentabiliser ce capital de manière à couvrir (au moins) l’inflation sur longue période. Dans l’environnement de marché actuel, caractérisé par des taux d’intérêt très bas, cet objectif secondaire est devenu un véritable défi. La recherche d’un certain rendement moyennant un risque (très) limité nécessite beaucoup d’expertise et d’analyse.

Les marchés sont friands des déclarations de Mario Draghi ou de Jerome Powell. Le président d’une banque centrale détient en effet les clés de la politique monétaire d’un pays ou d’une zone économique.

Par définition, une banque centrale est un acteur important de l’économie : elle peut la stimuler ou la freiner. Les objectifs des différentes politiques monétaires varient en fonction des statuts de chaque institution. La Banque Centrale Européenne a pour unique objectif de maintenir l’inflation « proche, mais inférieure à 2 % », alors que la Réserve fédérale américaine (Fed) veille non seulement à un niveau d’inflation raisonnable, mais également à un taux de chômage relativement faible et à une croissance économique soutenue.

Fixation des taux à court terme

Pour remplir ces objectifs, le principal levier est la définition du taux d’intérêt à court terme, communément appelé « taux directeur ». Si une banque centrale désire influencer le niveau d’inflation, elle devra modifier ce taux directeur. En effet, cette variation influence le taux auquel les banques privées prêtent aux agents économiques : s’il augmente, les ménages et les entreprises ont théoriquement tendance à moins souscrire de prêts, ce qui évite une surchauffe de l’économie. Le contraire est également vrai : un faible taux d’intérêt signifie que le coût du crédit diminue, ce qui apporte du souffle à l’économie. 

En 2018, la Fed a procédé à plusieurs hausses de taux pour brider quelque peu le dynamisme de la première économie mondiale. Le loyer de l’argent a ainsi augmenté quatre fois pour atteindre 2,50 % enfin d’année. Ceci dit, Jerome Powell a effectué début février un virage à 180 degrés : pour la première fois depuis longtemps, il n’a pas annoncé de modification de taux et a laissé entendre que la Fed ne retirerait plus de liquidités du marché. Cela démontre qu’il s’inquiète quelque peu au sujet de la croissance future outre-Atlantique. En Europe, c’est le scénario inverse. La BCE continue à soutenir l’économie, avec un taux à court terme de -0,40 %.

Intervention pour assurer la stabilité financière

Depuis la crise de 2008, les banques centrales ont été amenées à mener des politiques expansives, à savoir, injecter régulièrement des liquidités dans le système financier afin d’assurer la stabilité du système financier. Au plus fort de la crise, le manque de confiance mutuel entre les banques commerciales s’est traduit par une nette réduction des prêts interbancaires. Les banquiers centraux ont alors acheté massivement des obligations, ce qui s’est traduit par l’injection de milliards d’euros dans l’économie et par la chute des taux des obligations à court et long terme. Cette politique a porté ses fruits : l’économie mondiale a pu sortir de la récession et remonter la pente en huit ans.

Impact sur les portefeuilles

Les politiques monétaires expansives de la dernière décennie ont eu pour conséquence de maintenir les rendements des titres à taux fixe artificiellement bas. Les banques centrales jouent donc un rôle indéniable sur les rendements des portefeuilles. En période de taux d’intérêt à court terme élevés, il est intéressant pour les gestionnaires de Cadelam d’investir dans des titres à revenu fixe (par exemple, les obligations d’État ou d’entreprise) à duration courte. En revanche, si les taux sont faibles, les gestionnaires sacrifient quelque peu du rendement pour assurer une certaine sécurité quand ils investissent dans des titres à revenu fixe à duration courte.

« Les rendements des titres à revenu fixe ont été tirés artificiellement à la baisse. »

Pour estimer correctement les rendements, l’investisseur doit toujours tenir compte de l’inflation. Si le taux d’intérêt de ces titres est inférieur au taux d’inflation, l’investisseur réalisera une perte en termes réels. L’idéal étant donc que le taux d’intérêt soit plus élevé que l’inflation pour obtenir un rendement réel positif. À l’heure actuelle, le taux d’intérêt à court terme aux États-Unis est de 2,5 %, soit supérieur à l’inflation (1,9 %). En revanche, en zone euro l’inflation est, certes, relativement faible, mais dans le même temps la BCE maintient un taux négatif (-0,4 %). Il n’est donc pas intéressant d’opter pour un investissement de cette nature en zone euro vu la perte réelle potentielle.

Inflation et taux d'intérêt en zone euro et aux États-Unis

Source : Bloomberg

Positionnement de Cadelam

Les gestionnaires de Cadelam limitent donc au maximum les investissements en euro à court terme vu qu’ils rapportent un rendement négatif. Ceci dit, à choisir, ils préfèrent les obligations européennes à court terme aux obligations à plus long terme, afin de ne pas s’engager trop longtemps avec des titres présentant de faibles taux d’intérêt.

« Il vaut mieux éviter de s’engager sur le long terme avec des titres à faibles taux d’intérêt. »

Par prudence, ils restreignent également les investissements à court terme en dollars américains. Les fluctuations des taux de change sont en effet difficilement prévisibles et elles peuvent présenter un effet non négligeable sur les rendements.

La politique monétaire menée par la BCE est clairement défavorable aux investisseurs défensifs qui disposent de beaucoup d’obligations. Selon les analystes, cette tendance va se poursuivre à court terme. La vigilance est donc de mise pour ce segment des portefeuilles. La théorie économique est implacable : l’investisseur désireux d’obtenir des rendements plus élevés doit immanquablement prendre plus de risques.

 
 
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